Mathilde Chénin

Distance, prototype 2, (2011)
vidéo, 1’19

Mon intention initiale était de créer, à partir des données même du mouvement, des représentations visuelles simples, qui pourraient tenir lieu de partitions chorégraphiques (notations et « textes » à actualiser) , et ainsi être source de nouveaux mouvements. Un mouvement qui crée un langage qui crée un mouvement…, et ainsi de suite, au sein d’un processus d’écriture chorégraphique cumulative, mettant en jeu des notions de traduction, de conversion et d’interprétation. Au départ de ces expérimentations, des interrogations quant aux liens entre « geste » et « signe », ainsi que des questions simples : « que reste-t-il du corps mouvant quand celui-ci n’est pas/plus visible ? », ou encore « qu’est-ce qui s’écrit quand on danse ? ».
Cette version du travail privilégie les données de distance : distance en soi, distance à l’intérieur de soi, distance à l’autre, autant d’espace-temps créant en soi des formes à investir. Connecté à une caméra kinect, le programme souligne ainsi en temps réel, par le biais de lignes noires et rouges, l’espace limite des corps, ainsi que de la distance entre eux.
Abolissant toute référence au lieu et brouillant le rapport d’échelle des corps, cette vidéo propose une poétique de la forme relationnelle en construction, poussée à son degré zéro de représentation géométrique.

A room of my own, (2012)
triptyque vidéo, 1’02, 38″, 34″

Les trois vidéos ont été réalisées avec une caméra kinect. Cette dernière envoie en temps réel les données de profondeur de la scène (depthMap). A partir de ces données, le programme dessine d’une part l’image vidéo sous la forme d’un nuage de points, offrant de l’espace une impression de volume, une vue modélisée, dont les détails (couleur, texture, luminosité) ont disparu. Les pixels propres à la figure qui se détache du fond sont d’autres part utilisés comme coordonnées spatiales d’une nouvelle forme constituée ici de lignes rouges. L’espace du corps devient celui du dessin. L’espace de captation et l’espace de projection se superposent, sans pour autant coïncider. Ils se répondent, comme en miroir.

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